Aujourd’hui, Sandra et moi avons assisté à notre première corrida à l’occasion de la Feria de Béziers. Tous les deux, nous n’avons pas d’idée arrêtée sur la question “Pour ou contre la Corrida”. Nous voulions nous rendre compte par nous même.
En résumé, si on met de côté la finalité de la corrida qui est la mort du taureau, il faut reconnaître que l’Art et la Manière font partie du tout. Nous avons eu la chance de voir de bons Matador qui ont su captiver notre attention.
Ce qui nous a le plus impressionné, c’est le respect et le silence du publique. Dans une arène de plus de 8000 places, on peut entendre une mouche voler durant les phases importantes…
Nous avons eu la chance, dans la loge à côté de nous, il y avait un afficionados qui a tenté de nous expliquer un peu la codification complexe de la Corrida. Rien n’est laissé au hasard, du choix des taureaux à la remise des trophées en passant par la musique ou par l’ordre de passage, tout y est codifié…
Donc, si cela vous intéresse, voici un condensé d’un article sur wiki et des explications reçues dans l’arène avec quelques clichés que j’ai fait en guise d’illustration…
Si un torero se présente pour la première fois dans la « plaza », il avance tête nue, sinon il est coiffé du chapeau traditionnel la « montera ». Un matador ne torre jamais avec la montera sur la tête. Il la dépose sur le sol de la plaza s’il veut dédier ces passes au publique.
Après la sortie du taureau, le matador, et ses peones effectuent des passes de capote, pièce de toile généralement de couleur lie de vin à l’extérieur et jaune à l’intérieur, qui sert de leurre. Ces premières passes de capote permettent au matador d’évaluer le comportement du taureau.
Pour aider leur matador à évaluer le comportement du taureau, les peones appellent celui-ci à tour de rôle et l’attirent vers les différents points de l’arène, l’incitant à aller au bout de sa charge. Puis le matador effectue lui-même quelques passes de capote afin de compléter son étude du taureau.
Autrefois, le picador était le principal héros de la corrida, le plus attendu des toreros ; les toreros à pied n’étaient que ses aides. Ce n’est que dans la seconde moitié du XVIIIe siècle qu’il a commencé à perdre sa suprématie, pour devenir au milieu du XIXe un subalterne du matador.
Le rôle du picador est de tester la bravoure du taureau à l’aide de sa pique, lance en bois de hêtre de 2,60 mètres de long terminée par une pointe d’acier : la puya.
Les banderilles (bâtons d’environ 80 cm de long, terminés par un harpon de 4cm de long et recouverts de papier de couleur) sont généralement posées par les peones , mais certains matadors les posent eux-mêmes. En principe, il est posé trois paires de banderilles.
La faena de muleta est le travail à pied du matador à l’aide d’un leurre en tissu rouge, la muleta. La faena de muleta prépare le taureau à la mort.
À l’origine, la faena de muleta se limitait à quatre ou cinq passes ; aujourd’hui, le matador qui en ferait si peu déclencherait une énorme bronca. Tout comme celles de capote, les passes de muleta sont innombrables.
Ce tercio se termine par l’estocade à l’aide de l’épée.
Après l’estocade, le coup de grâce est donné par l’un des peones (appelé puntillero) à l’aide d’une puntilla, poignard à lame courte et large, plantée entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale, afin de détruire le cervelet et le début de la moelle épinière.
S’ils ont apprécié la prestation du matador, les spectateurs réclament au président que lui soient accordées une, voire deux oreilles, et même deux oreilles et la queue. Pour ce faire, ils doivent agiter un mouchoir blanc. Le président accorde une oreille, deux oreilles, deux oreilles et la queue en présentant un, deux ou trois mouchoirs
blancs. Les trophées sont coupés sous la surveillance de l’alguazil qui les remettra au matador après que la dépouille du taureau aura été tirée hors de la piste. Il ne reste plus au matador qu’à faire une vuelta al ruedo : il fait le tour de la piste en longeant la barrière et salue le public ; les spectateurs les plus enthousiastes lui envoient des bouquets de fleurs, des cigares, leur chapeau, leur foulard etc. Le matador garde les fleurs et les cigares, et renvoie les chapeaux, foulards, etc., à leur propriétaire.
Le matador est le principal des toreros : comme son nom l’indique, il est chargé de tuer le taureau. Sa responsabilité recouvre :
* les passes de capote (en même temps que ses peones) ;
* amener le taureau au cheval (lors du tercio de piques) ;
* les passes de muleta ;
* la mise à mort par l’estocade.
Généralement, il y a six taureaux et trois matadors par corrida. Chaque matador combat donc deux taureaux : le matador le plus ancien combat les premier et quatrième, le deuxième par ordre d’ancienneté combat les deuxième et cinquième, le plus jeune combat les troisième et sixième.
Les alguaziles (ou alguacilillos) sont les « policiers » de la place. Sous les ordres du président, ils veillent au respect du règlement par tous les acteurs. Le cas échéant, ils remettent également les trophées au matador. C’est également l’un d’entre eux qui remet au torilero (« gardien du toril ») la clé du toril.
Le paso doble et son « tacatchac tacatchac » qu’Igor Stravinski de passage à Madrid écoutait fasciné de sa chambre d’hôtel, sont inséparables de la corrida. La musique accompagne le paseo et fait patienter le public entre deux taureaux. Elle souligne une faena de muleta qui commence à atteindre les sommets de la qualité, ainsi que la pose des banderilles lorsqu’elle est faite par le matador lui-même. Elle accompagne parfois la pose des banderilles par un peón lorsque, lors de la pose d’une paire précédente, ce peón a été particulièrement brillant.
Faire jouer la musique en cours de faena de muleta est déjà une récompense. L’ordre de jouer est donné par le président ; souvent une partie du public la réclame en criant « música, música ».
Voilà, alors maintenant, pour ou contre la Corrida, une chose est sûr, cela fait partie de la culture hispanique…
Toutes les photos sont dispo ici.
